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Pascal Demurger, Directeur Général du Groupe MAIF, témoigne pour Engagement & Performance

Pascal Demurger, Directeur Général du Groupe MAIF, témoigne pour Engagement & Performance de sa vision de l'engagement. Découvrez au travers de cette interview inédite le rôle que joue l'engagement dans la réussite de la MAIF et sa responsabilité politique au sein et en dehors de l'entreprise.



[E&P] Pour vous, Pascal Demurger, l'engagement (des équipes) est-il une priorité?


L’engagement au sein de la Maif se lit à 2 niveaux. Tout d’abord, nos salariés sont profondément engagés en tant qu’individus pour la réussite de l’entreprise. C’est le résultat du déploiement, il y a 6 ans, d’un management fondé sur la confiance, le sens et la bienveillance. Cette nouvelle façon d’exercer un leadership a ainsi été à la Maif le formidable catalyseur d’une profonde transformation interne, gage d’une cohésion forte et solide. C’est sur les bases de cette dynamique collective que nous avons pu, quelques années plus tard, enclencher une profonde transformation de notre modèle économique dans lequel l’engagement au bénéfice des autres et du monde nourrit désormais la performance. Les salariés ne s’engagent ainsi plus seulement pour leur entreprise, mais également à un second niveau : pour une « cause ». Chacun, au quotidien, cherche à avoir le plus grand impact positif : du gestionnaire d’actifs qui identifie des investissements toujours plus responsables, au salarié qui élabore les menus de la cantine en partenariat avec des agriculteurs locaux. C’est un véritable cercle vertueux : l’attention que nous portons à nos collaborateurs stimule leur envie de s’engager pour l’entreprise, ce qui permet à la Maif de dépasser son objet social pour définir et mettre en œuvre sa raison d’être, qui nourrit à son tour la fierté du collectif…qui s’engage alors d’autant plus !


L’engagement au bénéfice des autres et du monde nourrit désormais la performance.

[E&P] Que faites-vous justement à la MAIF pour engager vos équipes?


Nous cherchons avant tout à leur expliquer le sens de notre démarche d’ensemble et le rôle qui peut être le leur. Nul ne peut s’engager s’il ne se sent pas appartenir à un collectif uni et fort, s’il ne mesure pas sa propre contribution à cet ensemble et n’en ressent pas une légitime fierté. Pour un dirigeant, cela suppose d’être capable de dégager une vision de l’avenir de l’entreprise et de sa contribution au monde et d’en tirer une stratégie pour y répondre. Donner du sens est une source de motivation extrêmement forte, chacun s’engage alors non pas parce qu'il y est contraint mais parce qu’il en a envie. Ce préalable est essentiel au bien-être de chacun, comme à la performance du collectif.



[E&P] En voyez-vous des résultats tangibles?


Chaque jour ! Et cela s’est particulièrement illustré pendant la crise, dès mars 2020. Notre corps social a su se mobiliser au mieux pour assurer une continuité de service auprès de nos clients. Par ailleurs, nos décisions reflétant l’engagement profond de la Maif, comme celle de reverser l’équivalent de 100 M€ d’économies de sinistres à nos sociétaires, n’a fait que renforcer la fierté de nos salariés et militants, mais aussi la fidélité de nos clients. L’engagement de l’entreprise et de ses collaborateurs s’est ainsi non seulement traduit par un collectif encore plus uni, mais aussi par une forte hausse des adhésions et une image de marque renforcée. J’irais même jusqu’à dire que, au-delà d’une question de performance, pour une entreprise s’engager est désormais une question de survie, notamment face aux attentes sociales de plus en plus fortes des salariés qui veulent du « sens » ; des consommateurs qui votent avec leur portefeuille, et même des investisseurs qui imposent des grilles RSE.


Pour une entreprise s’engager est désormais une question de survie.

[E&P] En tant que dirigeant - l'exercice de ces fonctions étant parfois solitaire - où allez-vous chercher votre motivation au quotidien?


Ce n’est finalement pas l’exercice des fonctions qui est solitaire, mais plutôt la responsabilité que l’on porte en tant que dirigeant. Ainsi, il est tout à fait possible de diriger en s’appuyant sur un collectif fort qui soutient notre vision et la met en œuvre. Loin d’être isolé dans sa tour d’ivoire, le dirigeant devient alors une partie prenante du corps social qui constitue l’entreprise. Ma motivation se nourrit ainsi des échanges quotidiens avec les salariés et militants de la Maif, de leur fierté d’œuvrer pour un projet collectif porteur de sens.